Lettre Pastorale de Mgr Scherrer sur la Miséricorde

  • Posted on: 15 December 2015
  • By: David J

Introduction de la Lettre Pastorale de Mgr Thierry Scherrer
"Dieu ne se lasse pas de tendre la main ! Ne manquons pas le rendez-vous de la Miséricorde !"

Chers frères et sœurs,
En ce 8 décembre, solennité de l'Immaculée Conception de Marie, qui marque officiellement l'ouverture du Jubilé de la Miséricorde voulu par notre Pape François, je viens à votre rencontre au moyen de cette nouvelle lettre pastorale. Si j'ai jugé bon de m'adresser à vous, une fois encore, c'est parce que j'aimerais vous voir accueillir avec beaucoup de confiance et une grande ouverture de cœur cette Année Sainte extraordinaire.
Un jubilé, en effet, qu'est-ce que c'est ? C'est un temps favorable, une grâce à ne pas manquer, une occasion unique que Dieu nous offre pour plonger dans cet univers lumineux de la grâce et en ressortir vivifiés, régénérés, transformés. À l'aube de notre vie chrétienne, c'est par le bain du baptême que nous avons été plongés pour la première fois dans l'amour des Trois personnes ; et notre être de péché, ce jour-là, a été changé en créature de lumière : nous sommes devenus des saints et des saintes, d'une sainteté à mettre en œuvre dans la vie de tous les jours. Nous savons en effet que, la grâce de Dieu ne supprimant pas notre liberté, c'est à chaque instant que nous sommes mis en demeure de choisir le maître que nous voulons servir et adorer : soit le dieu de nos instincts égoïstes qui impose sa loi dominatrice et destructrice, déjà dans nos propres familles et, plus largement, au cœur de nos voisinages, de nos villes et de nos quartiers ; soit le Dieu de tendresse et de miséricorde qui n'a de cesse que de conduire les hommes vers une terre de liberté et de fraternité.
Les attentats sanglants qui ont frappé notre capitale, il y a peu de temps, nous ont profondément meurtris et choqués. Même s'ils ne sont le fait que d'une minorité de fanatiques, ils illustrent le désordre profond et la barbarie sans nom auxquels notre humanité s'expose lorsqu'elle se laisse conduire par les forces aveugles du mal. L'histoire, à diverses reprises, nous en a malheureusement apporté la démonstration : livrés à la tyrannie du mensonge et de la haine, les hommes sont capables du pire. Pensons, au siècle dernier, aux ravages innommables causés par le nazisme et le communisme athée. Il en va de même aujourd'hui encore : que ce soit par les graves dommages écologiques qui la détériorent, les conflits et les guerres qui la déchirent en bien des pays du monde, la violence terroriste qui la menace ici ou là, notre terre gémit et souffre des préjudices incalculables que lui font subir les choix parfois hasardeux de nos libertés humaines.
Ce qui fonde précisément l'importance de ce Jubilé, c'est qu'il a pour objectif d'appeler sur ce monde blessé un surcroît de miséricorde. Combien notre monde a besoin de la miséricorde ! Mais pour qu'elle puisse atteindre et transfigurer ce monde, la miséricorde doit se frayer d'abord un chemin dans notre propre cœur. Pour le dire autrement, c'est par nos vies transformées par l'amour que Dieu veut guérir et sauver notre humanité des maux qui l'affligent. C'est la condition requise absolument. C'est donc un appel très personnel à la conversion que le Seigneur nous adresse à nouveau par son Église.
La miséricorde que nous désirons accueillir en ce temps de jubilé est à la fois, du côté de Dieu, sa « marque de fabrique » et, de notre côté, un don à accueillir et une mission à vivre.
 
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